Boom immobilier en Outaouais pendant le confinement

Andréanne Apablaza, Publié le 12 janvier 2021

La COVID-19 n’a pas ralenti la vente de propriétés à Gatineau en 2020, bien au contraire. Le confinement aura plutôt stimulé le marché immobilier, autant pour les ventes que pour les prix et le temps qu’il faut pour vendre.

Le confinement et le télétravail seraient à l’origine de ce boom immobilier, selon la Chambre immobilière de l’Outaouais (CIO), qui représente des centaines de courtiers en Outaouais.

Quand les gens ont été confinés, qu’ils étaient dans leur maison, avec les enfants à temps plein, ils ont réalisé que l’espace était petit. […] Il y a eu un gros achalandage d’acheteurs, explique Roch St-Jacques, vice-président de la CIOC

de l’Outaouais.

« Au même moment, les vendeurs auraient, quant à eux, suspendu leurs projets de vente. Ça a créé un effet où il y a eu moins d’inventaires [de propriétés à vendre] sur le marché et une plus grande demande d’acheteurs, ajoute-t-il.

En moyenne par mois, il y a toujours entre 2500, 3500 maisons en vente dans Gatineau. Et là, on se retrouvait avec plutôt 1200, 1300 maisons en vente. Et actuellement, en janvier, il y a seulement 600 maisons en vente. »

« Cela a un impact favorable pour les vendeurs, mais plus difficile pour les acheteurs, parce qu’ils ont moins de choix et l’inventaire s’écoule rapidement. »

Une citation de :Roch St-Jacques, vice-président de la Chambre immobilière de l’Outaouais

Le nombre de ventes a augmenté de 15 % dans la région. Les copropriétés, comme les unités de condominium, représentent le type de propriétés qui a connu la plus forte hausse, avec 28 % d’augmentation par rapport à 2019.

Le prix médian des propriétés sur le marché a aussi connu une hausse importante de 15 à 19 %.

La CIO observe également que les propriétés se sont vendues beaucoup plus rapidement en 2020.

Daniel Poitras est courtier immobilier dans la région. Il explique avoir récemment inscrit une propriété à vendre et, 24 heures plus tard, 23 visites étaient planifiées. Elles ont mené à cinq promesses d’achat. La maison s’est vendue peu de temps après au-dessus du prix demandé sous très peu de conditions. C’est du presque jamais-vu. Ça m’est arrivé une fois en 10 ans, et maintenant c’est arrivé 2 fois en 2 semaines, des offres réalisées en 24 heures, raconte le courtier.

L’Outaouais convoité

Roch St-Jacques souligne qu’un autre facteur de ce boom immobilier est l’arrivée massive de résidents de l’extérieur de la région.

« Depuis les années 90 que je joue dans le domaine, je n’ai jamais vu autant de gens de l’Ontario envahir ici. C’est certain que maintenant, on voit une grosse différence entre acheter à Ottawa et acheter ici à Gatineau », dit le vice-président de la CIOChambre immobilière de l’Outaouais.

« On a une grosse partie de la population qui travaille dans la fonction publique. Ça vient protéger la région énormément. Le revenu familial ici est supérieur à bien des endroits au Québec […] la sécurité des emplois est très stable depuis des lunes, et les gens sont attirés vers la région », ajoute M. St-Jacques.

Perspectives pour 2021

La Chambre immobilière s’attend à un marché encore vigoureux au cours de l’année à venir.

M. St-Jacques estime qu’il y a une probabilité que le marché connaisse une augmentation de 17 % des ventes au cours de 2021. Les acheteurs doivent se préparer pour ce marché-ci. Il y a de belles opportunités encore en ce moment, mais le fait d’attendre, ils risquent d’y avoir moins de maisons pour le même prix qu’ils auraient aujourd’hui, met-il en garde, rappelant que la demande, déjà forte en 2020, continuera de l’être lors des prochains mois.

Le marché locatif ne fait pas exception. Particulièrement dans le secteur du Plateau, qui aurait besoin de 1000 logements supplémentaires par année pour répondre à la demande, selon le vice-président exécutif de l’entreprise de gestion immobilière Junic, Alain Grandmaison.

Avec les informations d’Ismaël Sy