Perspectives 2013 du marché immobilier résidentiel au Québec : baisse de régime en vue

La faiblesse des taux d’intérêt hypothécaires et la croissance, bien que modeste, du marché de l’emploi devraient favoriser le marché immobilier résidentiel en 2013. En revanche, le resserrement des règles hypothécaires entré en vigueur en juillet dernier, qui a fortement contribué au ralentissement des ventes en deuxième moitié de l’année 2012, continuera de freiner l’activité sur le marché immobilier en 2013. Le nombre de transactions réalisées par l’intermédiaire de courtiers immobiliers au Québec devrait connaître une diminution de 4 % par rapport à 2012 et la croissance des prix sera plus modérée, tant pour l’unifamiliale que pour la copropriété.

Les nouvelles règles hypothécaires ont changé le contexte

Depuis le 9 juillet 2012, la période maximale d’amortissement pour les nouveaux prêts hypothécaires assurés a été réduite à 25 ans, rendant la qualification au financement plus difficile pour certains premiers acheteurs. Ce resserrement des règles hypothécaires, le quatrième depuis 2008, explique en bonne partie le ralentissement prévu de l’activité sur le marché immobilier résidentiel au Québec en 2013.

Les cinq derniers mois de 2012 ont déjà laissé un avant-goût : l’ardeur des premiers acheteurs et les ventes résidentielles ont diminué chaque mois pendant cette période, notamment pour la copropriété. Cette réduction de la période maximale d’amortissement des nouveaux prêts hypothécaires a eu deux effets perceptibles sur les ménages qui souhaitaient accéder à la propriété. D’une part, un certain nombre d’entre eux ont été contraints de repousser leur achat. D’autre part, certains ménages ont réalisé leur achat, mais ont dû revoir leur budget à la baisse, puisque le montant du prêt hypothécaire auquel ils étaient admissibles avait été réduit.

Les facteurs fondamentaux demeurent favorables

Les nombreuses incertitudes concernant l’économie mondiale, la croissance économique modérée au Canada et la force du dollar canadien qui exacerbe la faiblesse des exportations diminuent considérablement les probabilités que la Banque du Canada augmente son taux directeur avant plusieurs mois. En conséquence, les taux d’intérêt pour les prêts à court terme et les taux hypothécaires variables demeureront près de leur faible niveau actuel. De plus, la qualité relative de la dette du Canada continuera de se traduire par un attrait des investisseurs envers les obligations canadiennes. Par conséquent, les taux de rendement des obligations canadiennes d’une durée de cinq ans, qui constituent la référence pour déterminer le coût des fonds que les institutions financières prêtent sur le marché hypothécaire pour un terme quinquennal, resteront faibles. Les taux hypothécaires fixes pour une période de 5 ans devraient ainsi peu changer au cours de l’année 2013 et se maintenir près du creux de 60 ans auquel ils se trouvent actuellement.

Souce: FCIQ – Mot de l’économiste – janvier 2013